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Je suis toujours là

Je suis toujours là

Sous le portrait d’une femme courageuse et d’une famille en proie à la reconstruction, Walter Salles nous entraine dans le basculement du Brésil dans une dictature avec son film je suis toujours là

En 1971, à Rio de Janeiro, le pays est sous régime militaire. La famille Paiva se sent chanceuse : malgré la dictature, les deux parents et leurs cinq enfants peuvent vivre dans une maison au bord de la met et partager à nouveau des moments de joie ensemble. Mais leur vie bascule le jour où des hommes du régime viennent arrêter leur père. 

Quand l'intime rejoint la politique

Vous l’aurez compris, ce film ne se contente pas de dresser le tableau d’une époque, il raconte avant tout l’histoire d’une famille. Les personnages ne sont pas inventés, ni les faits minimisés. 

Pour le contexte historique : le 1er avril 1964, un coup d’État militaire, soutenu par une large partie de la société civile, renverse le gouvernement démocratiquement élu du président João Goulart. Jugé trop à gauche, il est évincé par un mouvement conservateur et anticommuniste. À cette époque, Rubens Paiva est député du Parti travailliste brésilien. Opposé au régime militaire, il s’exile pendant neuf mois en Yougoslavie, puis à Paris, avant de rentrer à São Paulo pour retrouver sa famille. Il finit par s’installer à Rio de Janeiro, où il reprend son travail d’ingénieur civil tout en soutenant secrètement les militants de gauche. C’est ici que commence le film.

Un film historique et politique

Au-delà de son aspect éducatif sur la dictature brésilienne, Je suis toujours là est avant tout un hommage à la résilience d’une femme. Après la disparition de son mari, Eunice Paiva doit se relever pour assurer un avenir à ses enfants. Le doute sera présent constant : son mari a-t-il survécu ? Sa mort sera-t-elle un jour reconnue ? C’est une oeuvre contre l’oubli, mais aussi un rappel brutal que sous toute dictature, sous n’import quel régime autoritaire, la violence n’a plus de limites.

Ce film repose sur une histoire vraie, adaptée du livre de Marcelo Paiva, Ainda Estou Aqui (2015), où il raconte la disparition de son père et la reconstruction difficile de sa famile. 

L'adaptation d'un livre

Bouleversant, Je suis toujours là nous plonge au coeur de la vie sous une dictature. Grâce à une mise en scène immersive, Walter Salles nous place aux côtés des Paiva : nous ressentons avec eux leurs joies, leurs peurs, et leurs doutes. Le grain de la caméra renforce également cette immersion, rendant historique des images contemporaines. 

Les acteurs incarnent parfaitement leurs rôles. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Fernanda Torres (qui interprète Eunice Paiva) a reçu le Golden Globe de la meilleure actrice le 5 janvier dernier. Si l’alternance entre les époques (1974, 1996, puis 2014) peut parfois troubler le spectateur, cela n’est que bref et l’essentiel du message passe avant tout par l’action et l’émotion, plutôt que par l’évolution des enfants.

Je suis toujours là : en salle le 15 janvier 2025

Je suis toujours là n’est pas seulement un film historique, c’est une oeuvre de mémoire et de résistance. Walter Salles réussit à capturer l’intime au coeur de la tragédie collective, nous rappelant que derrière chaque dictature se cachent des destins brisés, mais aussi des forces inébranlables. À travers le parcours d’Eunice Paiva et de sa famille, le film nous invite à ne jamais oublier, et à toujours questionner l’histoire pour mieux comprendre notre présent. Un film puissant, nécessaire et profondément humain.

Parce que le cinéma est un puissant vecteur de mémoire, je suis heureuse de voir Je suis toujours là remporter l’Oscar du meilleur film étranger lors de cette 97ᵉ cérémonie (2025). Si vous aimez les films historiques, découvrez-en d’autres ici : cinéma. Sinon, vous pouvez aussi découvrir nos derniers articles sur l’archéologie ! En attendant, n’hésitez pas à partager votre avis en commentaire ou à ajouter toute information qui vous semble importante ! 

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